Alexandra Durr

La Fuite en Egypte

Averti par l'Ange, Joseph fuit avec sa famille vers l'Egypte. La scène, très brièvement relatée dans la Bible, fut enrichie de multiples personnages par les écrits apocryphes. Ainsi, à partir de la composition-type établie dès les Ve-VIe siècles, très épurée, la scène se complexifia. Dès lors, à Joseph, au Christ-enfant, à la Théotokos et à l'animal sur lequel elle était montée, s'adjoint la représentation de Jacques, d'un groupe de trois garçons, voire d'une ville peuplée.

Sources (1)
Bible

Seul saint Matthieu (II, 14) relate cet événement : "il se leva, prit l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte."

Sources (2)
Evangiles apocryphes (1)

Alors que saint Matthieu situe la Fuite en Egypte avant le Massacre des Innocents, les textes apocryphes eurent tous en commun de renverser la chronologie, faisant succéder au Massacre, la Fuite en Egypte. Ils se chargèrent également d'enrichir le récit de saint Matthieu de certains détails.
Le principal changement fut d'adjoindre à la Sainte Famille divers personnages. Ainsi, dans l'Histoire de Joseph le charpentier (VIII), outre l'énonciation explicite selon laquelle la Vierge porte l'Enfant dans ses bras, l'écrit nous apprend que le cortège était suivi de la sage-femme Salomé. Par contre, dans l'Evangile du Pseudo-Matthieu (XVIII, 1), la Sainte Famille était accompagnée dans sa fuite de trois serviteurs et d'une servante pour la Théotokos.

Sources (2)
Evangiles apocryphes (2)

Par ailleurs, nous mentionnons le passage d'un autre texte, qui, bien que ne parlant pas précisément de cet épisode, semble avoir été une source iconographique. Il s'agit du Protévangile de Jacques (XVII, 2). Il relate en fait le voyage de Joseph et de la Vierge vers Bethléem pour le Recensement (cf. voyage de Nazareth à Bethléem). D'après ce texte, deux fils de Joseph prenaient part au voyage : Jacques le Majeur tirait la bride de l'âne et l'autre, nommé Samuel, suivait l'équipage.

Faits historiques et culte

Il n'y a aucune trace écrite attestant d'une historique fuite en Egypte de la Sainte Famille. Saint Luc, non seulement n'en fait aucune mention mais, au contraire, déclare (II, 39) qu'après la Présentation au Temple, la famille s'en retourna en Galilée, dans leur ville de Nazareth. Cette version semble historiquement plus vraisemblable puisque le Christ ne fut jamais inquiété par Hérode, celui-ci ignorant sa présence dans cette ville de Galilée.
Depuis, Abraham, ou le patriarche Joseph, l'Egypte était le refuge séculaire des Hébreux en temps de crise. Au moment des grandes famines et des grandes sécheresses, des milliers de Juifs émigraient vers les terres fertiles du Nil. D'ailleurs, à peu près à l'époque du Christ, on estime qu'environ un million de Juifs vivaient en Egypte, surtout à Alexandrie.
Traditionnellement, la Fuite en Egypte est fêtée en Orient le 26 décembre.

Iconographie (1)

Le thème de la Fuite en Egypte fut principalement traité à partir des Ve-VIe siècles, c'est-à-dire lorsque se développa en Orient l'intérêt porté sur la vie de Joseph.
La scène n'étant que brièvement évoquée dans l'Evangile de saint Matthieu, certains détails furent librement interprétés ou ajoutés dès les premières représentations. D'autre part, les écrits apocryphes furent largement utilisés comme source iconographique.

Iconographie (2)

Les premières illustrations de cette scène, bien que simples et épurées, mirent en place une composition-type qui perdura durant toute l'époque byzantine. Cette composition met en présence quatre acteurs principaux : Joseph, le Christ-enfant, la Théotokos et un animal sur lequel est montée cette dernière. La Vierge est toujours reproduite plus ou moins de face et l'animal strictement de profil, la tête placée à droite. La scène se lit de gauche à droite.
La médaille d'Enkolpion (n° 8234), de la fin du VIe siècle, en est un parfait exemple. Ici, Joseph est figuré à droite, tirant l'âne sur lequel est montée la Vierge. Celle-ci tient l'Enfant dans ses bras. On retrouve cette illustration minimaliste de la scène dans des témoins postérieurs comme en attestent les miniatures du Vatican, gr. 1156 (n° 11420) et du Paris, gr. 115 (n° 11419), manuscrits du Xe siècle.

Iconographie (32)

Le premier exemple nous montre que, presque dès l'origine, la scène de la Fuite en Egypte fut l'objet d'interprétations. Saint Matthieu ne mentionne ni la place de l'Enfant, ni la présence d'un animal et, bien que l'Histoire de Joseph le charpentier place explicitement l'Enfant dans les bras de sa mère, il semble difficile d'affirmer qu'il fut ici la source iconographique. En effet, le fait de reproduire ainsi l'Enfant découle sans doute très probablement de traditions sociales.

Iconographie (4)

En outre, même si dans la majorité des cas (médaille d'Enkolpion n° 8234, peinture murale de Tokali Kilise n° 9914, peinture murale de Gradac en Serbie n° 11422 et bien d'autres), la Vierge tient l'Enfant contre elle, d'autres témoins (peinture murale de Kalinic n° 11421, miniature du Plut. VI, 23 n° 11412 et celle du Munich, slav. 4 n° 2314, manuscrit slave du XIVe siècle d'inspiration byzantine) le présentent placé sur les épaules de Joseph. L'analyse est similaire concernant l'animal. Par sa présence, les iconographes matérialisent l'action, c'est-à-dire le voyage. L'utilisation de ce stratagème est confirmée par l'illustration d'autres scènes dans lesquelles il fallait signifier le déplacement de la Sainte Famille (Voyage de Nazareth à Bethléem) ou du Christ seul (Entrée à Jérusalem).

Iconographie (5)

Le plus souvent, cet animal est un âne, comme par exemple dans le Paris, gr. 74 (n° 2424), du XIe siècle, et sur la peinture murale de Gradac en Serbie (n° 11422). Zacharie (Zac. IX, 9) parle de l'arrivée du Messie sur un âne et le Protévangile de Jacques évoque également cet animal. Cependant, certaines images, comme la miniature du Munich, slav. 4 (n° 2314) ou la peinture murale de Kalinic (n° 11421), du XIe siècle, reproduisent un cheval blanc. Nous pensons qu'en reproduisant un cheval, les iconographes voulaient accentuer l'importance de cette famille hors du commun, le cheval de selle blanc faisant référence à l'empereur byzantin.

Iconographie (6)

Le principal effet iconographique des écrits apocryphes fut d'augmenter le nombre des participants à la scène. Sans altérer la composition-type, les représentations qui s'en inspirent font apparaître de nouveaux personnages. Ces changements sont intervenus après leIe siècle, ensans er on srrRes précisément réeraminrs àaquelleptérodre.

Iconographie 76)

e siècle de Tokali Kilise( n° 9911), unje'une comme etaraînde l'âne, et Joseph est placé à la fuite ue cortège. Linflueance du Protévangile de Jacques est icifcors probable. Ces écris estule seul à mentionnri la présence de cet comm,r qu'il ré sigme sosr le noe de Jacquee. leps'aufier deLoindrsc (n° 11411),copuiéc en1066),corproorde cettehypo thèise. leppersonnags est dmentfuiéc par'unehlégpenge :" Jacque"c. Ntions qe; Samuel, également i;té parcCes écris comme faisant srite ue cortègs, airaitiétéoc culté dans ces représentations.

Iconographie 86)

Iconographie 96)

e siècl4 (n°7952I), oe'eco;rt sur la peinture murale du XIVe siècle eu Metrpolge àMiustrc (n° 1143)e.

Iconographie 106)

La peinture murale de Kalinic (n° 11421e s inspire qunut àcelle de l'Evangile dupPseudo-Matthiee. , la tête ue cortègs sont peinse trois garçons, qui sougraientiître les trois serviteurs mentiontés dans le texte.

Iconographie 1(1)

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Iconographie 132)

e siècl,e l'atlisteLa pein 'un groupe ' commsn attendan eauxa bores de l eceainte d'une ville.N'aydan eaucune idhcactioe texquelle concernant l dmentfucaction de ceoeu de cse idhvidurs, nous pensons quiIl s'agit d'une évcaction de l'Egypteac cevilvant la Sainte Familleoe,t toue u, moine, de l illustration d, reur ion c cevis en ne pyes.

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